Qu’on le veuille ou non, le développement durable et les préoccupations environnementales sont entrées dans notre quotidien. La protection de la planète est devenu un thème de société fort. Dans ce contexte, les jeux olympiques d’hiver de Vancouver, qui se déroulent actuellement, sont les premiers jeux de l’histoire à se dérouler dans cette ère, que nous nommerons ère de l’écologie. Cela induit des conséquences, à la fois pour les organisateurs, qui doivent prendre conscience des attentes du public, mais aussi des pour les spectateurs que nous sommes, qui vont “juger” ces jeux, aussi sur leur bilan énergétique.

Cérémonie des jeux olympiques de Vancouver 2010
On estime que le transport aérien des personnes (athlètes, spectateurs, équipes de soutien, arbitres, commanditaires, journalistes, etc.) est de loin le principal responsable des émissions – il représente 69 % du bilan carbone des Jeux. Viennent ensuite les transports locaux (10 %) et la consommation d’énergie pendant les Jeux (9 %).
Les jeux olympiques d’hiver ne sont pas neutre, loin de là. Le blanc manteau et le spectacle qui nous est offert à chaque olympiade masque un bilan carbone lourd. En 2007, le COVAN a demandé à la Fondation David Suzuki d’estimer les émissions de gaz à effet se serre susceptibles d’être produites dans le cadre des Jeux. La Fondation a évalué ces émissions à quelque 328 000 tonnes, soit l’équivalent des émissions d’environ 65 600 automobiles pendant un an. Effarant, démesuré, ces chiffres sont difficiles à imaginer…
Volonté écologique des organisateurs
Les organisateurs de ces jeux olympiques de Vancouver 2010 ont fait de l’écologie une priorité, très rapidement. Vancouver, qui espère devenir d’ici à 2020 la ville la plus écologique du monde, se devait d’utiliser le passage des jeux comme un symbole… C’est une réussite en demi-teinte, car quelques échecs sont pointés du doigt, alors même que les épreuves viennent juste de commencer. En effet, si les installations olympiques à haute efficacité énergétique permettront d’économiser en frais d’énergie tout au long de leur vie utile, d’autres efforts n’ont pas été faits, notamment en matière de transports. Des bus à hydrogène sont bien sur les sites olympiques, mais uniquement pour la durée de l’événement… Pas très durable ! Pire, l’hydrogène nécessaire est acheminé depuis le Québec par camion ! Une hérésie totale, mais nécessaire pour apporter une jolie touche de greenwashing. Pourtant, “en plus d’avoir un impact positif sur le climat, le fait d’investir dans des crédits compensatoires de haute qualité peut contribuer à créer des emplois et aider les collectivités à faire une transition vers les énergies propres” explique la Fondation David Suzuki. Le rendez-vous avec l’écologie est ainsi en partie manqué. Signalons tout de même les bons points, notamment en matière de conception des bâtiments. La consommation d’énergie provenant de combustibles fossiles dans les sites, notamment sous forme d’électricité, de chauffage et de refroidissement, est d’ordinaire une source importante d’émissions de gaz à effet de serre lors de Jeux olympiques d’hiver. Toutefois, les Jeux olympiques de Vancouver feront surtout appel à des sources d’énergie propre !
Les jeux anti-Pékin
“Ici, pas d’opulent Nid d’oiseau comme à Pékin pour accueillir les cérémonies d’ouverture et de clôture, qui se dérouleront dans un des “chaudrons” du centre-ville, le stade couvert BC Place. Certains sites olympiques ont été modernisés et adaptés sur des bâtiments et des pistes existants” explique le comité d’organisation. Quant aux infrastructures sorties de terre pour l’occasion, six d’entre elles visent la certification internationale or et argent du Leed (Leadership in Energy and Environmental Design). “Nous ne les avons pas seulement conçues selon des normes environnementales mais également dans le but d’être utiles pour la communauté”, affirme Ann Duffy, directrice de la Durabilité au Covan.
Ainsi, l’Anneau de Richmond (au sud de Vancouver), site du patinage de vitesse, est déjà au service du public et des sportifs depuis plus d’un an et peut être transformé pour abriter deux terrains de hockey, huit de basket et une salle de gymnastique.
Pour en savoir plus :
- Vancouver 2010, médaille de bronze du développement durable
- La feuille de pointage climatique de la fondation David Suzuki
- Un billet intéressant, transversal, sur le sujet du graffiti !
- La pluie et le beau temps à Vancouver, très instructif
Crédit photo : CANUCKS HOCKEY BLOG
Enfin des jeux qui prennent leurs impacts sur l’environnement au sérieux.
Une norme ISO (Organisateurs d’événements et Développement Durable) devrait voir le jour d’ici 2 ans pour les jeux de Londres, et une norme NF environnement d’ici la fin de l’année 2010.
http://z.et.h.over-blog.com/article-bientot-des-normes-pour-les-eco-evenements-44012418.html